Les recommandations suivantes sont essentielles pour la sécurité des journalistes directement impliqués dans la couverture d’événements extrêmes. Elles ont été élaborées à partir de documents provenant d’organisations telles que Reporters sans frontières (RSF), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Fondation James Foley et l’Institut Reuters pour l’étude du journalisme.
Planification préalable et évaluation des risques
La première étape pour une couverture sécurisée consiste à effectuer une évaluation complète des risques, en détaillant les dangers potentiels pour la santé et les procédures d’évacuation médicale, selon :
- les conditions de sécurité et de santé de la destination ;
- les conditions climatiques et les éventuels problèmes spécifiques ;
- les autorités clés sur place ;
- les services d’urgence et autres contacts pouvant être sollicités en cas d’urgence.
Sécurité sur place
Graph4_FRSurveillez constamment les prévisions météorologiques, qui peuvent changer rapidement et nécessiter une modification immédiate des plans. Dans le cas de voyages pour couvrir des catastrophes naturelles, comptez autant que possible sur les membres de la rédaction pour vous soutenir et veillez aux points suivants.
- Identifiez un hébergement sûr avec accès à de la nourriture et à de l’eau. Il est souvent plus sûr de rester en dehors de l’épicentre de la destruction que de se rendre dans la zone touchée.
- Vérifiez que l’hébergement est éloigné des zones sujettes aux inondations, telles que les points bas, les dépressions et les lits de rivières asséchés.
- Lorsque vous effectuez un reportage au milieu d’une tempête, évitez les endroits dotés de grandes baies vitrées ou de toits en tôle ondulée.
- Prévoyez une stratégie de sortie et un moyen de transport fiable et indépendant, en gardant à l’esprit que les transports publics et les taxis pourraient ne pas être disponibles.
Communication
Un plan de communication clair est un élément clé de la sécurité.
Tenez régulièrement informée la rédaction de vos prochaines étapes et de votre localisation pendant votre séjour dans la zone sinistrée.
Signalez tout changement dans votre itinéraire prévu ou votre itinéraire d’évacuation d’urgence.
Informez, dans la mesure du possible, les autorités locales de votre localisation.
Activez une application de géolocalisation sur votre téléphone portable afin que votre position puisse être suivie pendant que vous faites votre reportage.
Santé et hygiène
Dans les zones sinistrées, l’eau stagnante présente un risque pour la santé, car elle peut être contaminée par des eaux usées et des produits chimiques dangereux, propageant ainsi des maladies infectieuses. Il est essentiel de prendre les précautions suivantes pour ne pas tomber malade, d’autant plus que les installations médicales peuvent être surchargées ou inexistantes.
- Lavez-vous les mains régulièrement.
- Vérifiez la provenance de l’eau que vous consommez.
- N’exposez jamais vos plaies ouvertes à l’eau de crue.
- Une bonne hygiène personnelle doit être maintenue pour éviter de tomber malade. Si vous manquez d’eau propre, utilisez des lingettes humides.
- Des vêtements à manches longues et des bottes en plastique faciles à nettoyer peuvent également fournir une couche de protection.
Soins psychologiques
Les médias doivent aider leurs journalistes à avoir accès à des ressources telles que le suivi psychologique, ainsi qu’à des logements pour les professionnels les plus touchés.
- Soyez attentif aux signes de traumatisme chez vous et vos collègues : difficulté à se concentrer, irritabilité inhabituelle, pensées ou images intrusives, troubles du sommeil constants, isolement social.
- Stratégies pour aider à faire face : maintenir des liens sociaux, prévoir du temps pour se remettre, rechercher le soutien de collègues, suivre des séances de thérapie.