Uncategorized Santé mentale

Crise Climatique (5/5): Couverture au-delà de la catastrophe

La fréquence accrue des événements extrêmes et, par conséquent, de la couverture médiatique sur le sujet, montre clairement que le climat ne peut plus être considéré comme un sujet politique lointain, déconnecté du quotidien de la population.

De plus, pour que les journalistes puissent travailler de manière professionnelle, approfondie et adéquate, il est essentiel que la direction des médias accorde à ce sujet l’importance qu’il mérite.

Sur la base d’entretiens avec la chercheuse en sciences de la communication Eloisa Loose – spécialisée sur l’environnement – et le journaliste Kyle Pope, cofondateur de l’observatoire Covering Climate Now,  voici quelques conseils importants pour couvrir les événements extrêmes au-delà de la tragédie.  

Agenda connecté : le thème environnemental doit être lié aux domaines de la politique, de l’économie, etc., avec des possibilités de cadres divers. 

Approche systémique et critique : depuis les origines de la catastrophe naturelle jusqu’aux solutions possibles et à la phase de reconstruction, en évaluant si les mesures sont réellement résilientes. Attention : l’accent doit être mis sur les questions environnementales, mais les impacts négatifs et les plus dévastateurs touchent toujours les communautés les plus vulnérables, perpétuant une situation d’injustice climatique.  

Formation des journalistes : 

  • Base d’informations cohérente sur l’environnement et les circonstances pouvant conduire à des catastrophes. Il convient de rappeler que, souvent, les pouvoirs publics disposent d’informations contradictoires sur les évènements et leur incidence. 
  • Il est essentiel de comprendre les politiques publiques qui régissent les villes pour comprendre l’utilisation de l’espace urbain, qui est étroitement liée aux événements extrêmes. Des formations personnalisées adaptées à la réalité locale et à la ligne éditoriale de chaque média sont indispensables, plutôt que des cours génériques qui peuvent avoir un effet limité.
  • Élargir et diversifier les sources permet de ne pas dépendre exclusivement des sources officielles, telles que la défense civile, dont la diffusion d’informations peut être limitée par des protocoles internes. Les chercheurs locaux, les techniciens des agences environnementales, les conseils professionnels ainsi que les mouvements et projets qui discutent des vulnérabilités constituent des sources importantes pour traiter l’information de manière plus complète.

Collaboration entre collègues : un réseau de soutien préexistant peut être vital pour la continuité de la couverture journalistique pendant une situation d’urgence. Ces collaborations doivent être établies avant les moments de crise. 

Décentralisation : il est essentiel de comprendre la situation globale, mais il est tout aussi important de comprendre les vulnérabilités spécifiques du lieu où vous allez couvrir l’événement. Pour cela, il est nécessaire de cartographier à l’avance les points critiques de l’infrastructure, tels que les routes et les autoroutes qui pourraient être affectées, et de connaître les plans des autorités pour ces situations.  

  • Localisez : la couverture climatique doit tourner autour de ce qui se passe dans la communauté du lecteur, et non autour de rapports ou d’événements dans d’autres parties du monde.
  • Humanisez : ne vous concentrez pas uniquement sur les données et les recherches. Interviewez les personnes concernées et racontez leurs expériences, en respectant bien sûr les circonstances et les limites de chacun et leur disponibilité ou non à faire des déclarations.
  • Proposez des solutions : évitez les reportages sombres et apocalyptiques. Il est essentiel de montrer qu’il existe des actions et des solutions qui peuvent être mises en œuvre.Beaucoup d’entre elles existent déjà et n’ont pas besoin d’être inventées.