Sécurité digitale

Réseau privé virtuel (VPN) (1/2) : Pourquoi les journalistes doivent toujours laisser leur VPN activé

Chaque journaliste devrait utiliser un VPN (réseau privé virtuel) pour masquer son trafic Internet en temps réel, en particulier lorsqu’il transmet des informations sensibles.

Un réseau privé virtuel (VPN) est un outil numérique qui masque le trafic Internet en temps réel en créant un tunnel chiffré par lequel transitent les données, protégeant ainsi l’identité de l’utilisateur. Les utilisateurs ne devraient jamais effectuer de tâches, même légèrement sensibles, sur un réseau public sans VPN.

Lorsque vous choisissez vous-même un VPN, renseignez-vous toujours sur sa réputation et consultez les retours de ses utilisateurs. Les VPN gratuits sont à éviter, car il est très probable qu’ils collectent et revendent les données de leurs utilisateurs. Pour une checklist des éléments à vérifier lors de l’utilisation d’un nouvel outil numérique, vous pouvez consulter cette ressource.

Trafic et métadonnées protégés

Si une application chiffrée empêche que les messages soient lus par des tiers, elle ne protège pas nécessairement de manière sécurisée les métadonnées de l’utilisateur, telles que sa localisation, sa destination, son historique de recherche ou encore son historique d’achats en ligne. L’application peut même continuer à transmettre ces métadonnées lorsqu’elle n’est pas utilisée. Celles-ci ne sont pas nécessairement chiffrées par défaut, ce qui peut potentiellement mettre les utilisateurs en danger, notamment si ces informations sont revendues.

Lorsqu’un VPN est activé, il protège également les métadonnées de l’utilisateur en les rendant illisibles pour les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) pendant leur transit dans le tunnel chiffré. Toutefois, un VPN ne suffit pas à lui seul à assurer une protection complète et doit être utilisé conjointement avec des navigateurs et applications axés sur la sécurité, tels que Tor ou Signal.

Utilisation des VPN en Chine

Le « Grand Pare-feu » chinois (« Great Firewall ») constitue un obstacle important pour la plupart des VPN. À mesure que les VPN ont évolué, le gouvernement chinois a tenté de suivre le rythme en contournant les mesures de sécurité supplémentaires mises en place. Bien que les VPN soient illégaux et extrêmement difficiles d’accès en Chine, certains continuent de chercher de nouvelles solutions pour permettre un accès libre à Internet aux plus d’un milliard d’internautes du pays.

Avant de se rendre en Chine, il est donc indispensable de télécharger un VPN, car les moyens permettant d’en télécharger un de manière sûre seront bloqués dans le pays.

Deux VPN fonctionnant en Chine et recommandés par des experts techniques sont NordVPN et Surfshark. Tous deux disposent de milliers de serveurs, ont fait l’objet de vérifications concernant leur politique de non-conservation des données (« no-log ») et proposent des tarifs raisonnables.

Parmi les autres VPN fortement recommandés pour une utilisation en dehors de la Chine figurent F-Secure FREEDOME VPN, Proton VPN et WatchGuard.

Rédigé par Benjamin Finn. Basé à Houston (États-Unis), Benjamin travaille dans le domaine informatique depuis dix ans, principalement sur le déploiement d’outils de sécurité internes au sein de grandes entreprises. Depuis deux ans, il mène des recherches sur les moyens de maintenir un niveau de sécurité adéquat dans le contexte d’un État-nation autoritaire, plus particulièrement dans le contexte du Myanmar. Il travaille également avec plusieurs groupes à Taïwan afin de les former aux bonnes pratiques en matière de sécurité et de sûreté.